24 juillet 2008
Bohème
J'habite une roulotte qui ne tient pas en place.
Longtemps coincée dans les ornières du passé, elle m'emmène chaque jour sur des sentiers plaisants.
Elle fait son numéro, m'invite et me harcèle.
Pas de répit pour cette vagabonde. Elle avance nus pieds sans se soucier du lendemain.
Bohème est ma maison, fantaisiste est mon coeur.
Liberté aux ailes ambrées car les rêves un beau jour se réalisent et prennent vie.
Je ne fuis pas, je m'évade.
Je rencontre au détour Carmen et Pedro, ils ne me voient pas. Ma roulotte est dans mon coeur, leur vie n'est pas un leurre.
Je m'enivre d'irréel, je hais ce qui est figé, attendu et froid.
J'aime la vie qui bouge et qui surprend, les chemins de traverse, le chant du violon dans la tiédeur du soir ...
22 juillet 2008
Pluie salée
J'ai posé mes lunettes d'ébène
Sur mes yeux délavés
Pour mieux cacher mon chagrin
Dévoilé, pluie salée,
Le long du sillon amaigri
De ma peine blessée.
Le passé jamais ne s'éteint.
Mon coeur frissonnant
Dans l'enveloppe glacée
D'un monde ouaté de givre
Ne trouve nul réconfort
Seule l'absence silencieuse
Répond à ma plainte contenue
Petite croix brisée, abandonnée
21 juillet 2008
Je ne dors pas ...
Je ne dors pas ...
Je me suis couchée si tard.
Comme d'habitude, j'ai musé, et sans voir le temps passer, l'horloge m'a amenée à cette heure matinale.
Je ne dors pas ...
J'ai promené sur le quai mes pensées vagabondes avant d'accompagner, pour un éphémère trajet un voilier en partance.
Je suis prête chaque jour pour un voyage au long cours, et je traîne mes baskets sur le bitume ensablé.
Je ne dors pas ...
J'ai trimbalé mes pensées.
Le vieux meuble a craqué son habituel sursaut du soir, dispersant un instant mon rêve.
Je ne dors pas ...
Le radio-réveil se prépare déjà à son triste et inutile office.
Où va ce temps qui ne s'arrête pas ?
20 juillet 2008
Méli-mélo Breton
Tu étais là, petite fille
Lorsque la mer furibonde
Battait la digue de "Lomener"
Y noyant ses vagues folles
Lorsque le vent facétieux
Balayait de ses embruns
Ta chevelure dans laquelle
Le ciel et la mer se miraient
Le cliquetis des mâts
Dans la torpeur du soir
Berçait tes rêves innocents
Près du clocher de ton enfance
Aujourd'hui loin de ta Bretagne
Pour toi ces mots et ces photos
Magie du soleil sur la mer
Un peu de rêve dans ton coeur
Page dédicacée à Naïk
pour sa confiance
19 juillet 2008
J'aime
J'aime les réveils douceur
Dans le chant des oiseaux
Quand l'on devine derrière le volet clos
La chaleur du jour naissant

J'aime les réveils matin
Baignés de fraîcheur
Quand la nature vivifiante
Eclaire l'horizon endormi
J'aime les réveils langueur
Quand la nature bourdonne
De mille battements d'ailes
Dans la brise engourdie
J'aime les réveils ouatés
Dans la douceur feutrée
Quand le temps apaisé
Accueille mes pas silencieux
J'aime les réveils tendresse
Quand ta main sur ma peau
Chavire d'une exquise émotion
Sur mon sein capturé
17 juillet 2008
La maison du silence
Sur la maison du silence
Où plus rien ne résonne
Le soleil ne s'invite plus
Les nuages se sont posés
Et de leur ombre épaisse
Recouvrent et enveloppent
Les coeurs assombris
Dans la maison sans enfant
L'horloge indiscrète soupire
Le bruissement des insectes
Pénètre le volet entrouvert
Où nulle lumière ne s'aventure
Eternelle pénombre du coeur
Les amis ont fuit la souffrance
Autour de la maison grise
Les oiseaux se sont tus
Passé consumé, présent latent
La douleur s'épanouit
Les saisons se succèdent
L'avenir interdit s'impatiente
Un rayon entêté s'obstine
15 juillet 2008
Amants perdus
Le temps s'écoule
Emporté par les flots
Que le pont enjambait

Mais le temps l'a brisé
Isolant les amants figés
Privés de toute caresse
Depuis plus de cent ans
Ils s'observent en silence
Sans un geste, le regard vide
Ceux-là jamais plus
Ne pourront se rejoindre
Enchaînés, inaccessibles
Isolés, pétrifiés et sans vie
Comme ces vieux couples
Qui ne partagent plus
Immobiles et dérisoires
Dans une vaine attente
Ou chacun fait face à l'autre
12 juillet 2008
Le miroir
L'inconnu du miroir
M'interroge du regard
Perplexe, il me scrute
Et me dévisage avec insistance
Cela en devient gênant
Il insiste pourtant
Sa tête ne me revient pas
Son regard fixé sur moi
M'évalue et me jauge
Il m'observe sans un mot
Depuis un long moment déjà
Il me dévisage avec obstination
Son regard intense me pénètre
Jusqu'au fond de l'âme
Au-delà de mes écorchures
Il me sonde au plus délicat
Mes blessures, mes fêlures
Mon coeur griffé
Rien ne lui échappe
Il me dit qu'il est moi
Alors je le regarde en silence
Dans un effort désespéré
Mais je ne le reconnais pas
10 juillet 2008
Pour une conquête ...
Triste et amère, je pense
A mon ami de coeur
Qui une fois encore
Me délaisse pour une autre
Pour une amie de chair
Conquête occasionnelle
Ephémère et ravageuse
Mon ami m'abandonne
Hier encore, sur son épaule
Des morceaux de moi
Avec douceur il rapiéçait
Mais aujourd'hui j'ai mal
Que baisse son ardeur
Et il me reviendra
Il frappera en pleurs
Comme à son habitude
Et cette fois encore
De son retour douloureux
Des morceaux de lui
A recoller il me tendra
08 juillet 2008
Emois
L'on se cherche et l'on se fuit |
































