27 avril 2009
La vieille
Pour Déborah
A cause de ce tableau
La vieille tricotait
Tous ses refrains enfouis
Sur une mélodie
Envolée dans la nuit.
Un clapotis de notes
Egarées dans la brume
Entraînait les pensées
De l'aïeule vers ailleurs.
Ses doigts filaient le temps
D'un cliquetis perdu
Aux tréfonds de l'oubli.
Un long ruban de vie
Naissait de ses doigts fins
Existence trop lourde
Qui courtisait encore
L'hiver des souvenirs.
La vieille ne pleure pas
Ne sourit pas non plus
Elle est là, silencieuse,
Presque absente, et pourtant,
Elle médite en tirant
Le fil de sa pelote
Sur les aiguilles fines
Qui dansent dans ses mains.
Sous son fichu noué
La vieille aux mille rides
Respire son passé
Au rythme d'un tricot

