27 avril 2009
La vieille
Pour Déborah
A cause de ce tableau
La vieille tricotait
Tous ses refrains enfouis
Sur une mélodie
Envolée dans la nuit.
Un clapotis de notes
Egarées dans la brume
Entraînait les pensées
De l'aïeule vers ailleurs.
Ses doigts filaient le temps
D'un cliquetis perdu
Aux tréfonds de l'oubli.
Un long ruban de vie
Naissait de ses doigts fins
Existence trop lourde
Qui courtisait encore
L'hiver des souvenirs.
La vieille ne pleure pas
Ne sourit pas non plus
Elle est là, silencieuse,
Presque absente, et pourtant,
Elle médite en tirant
Le fil de sa pelote
Sur les aiguilles fines
Qui dansent dans ses mains.
Sous son fichu noué
La vieille aux mille rides
Respire son passé
Au rythme d'un tricot
24 avril 2009
Images de toi
J'ai des images dans la tête
De vagues, de mouettes et d'embruns
De bateaux ivres de désir
Et de voyages dans le sable
De mes rivages jamais atteints
Tableau de toi sous le soleil
Photos de nous en contre-jour
Portraits d'hier et de demain
Clichés où tu me tiens la main
Dessins de nuits ensoleillées
Et de petits matins nocturnes
Saveur de sel au bord des lèvres
Bouquet de mer dans tes prunelles
Un goût d'amour et de musique
Un goût de toi, un goût de moi
J'ai des images qui deviennent vagues
22 avril 2009
Coeur inconnu
Etienne, du blog fourre-tout
m'a proposé d'écrire quelques mots pour souligner ses photos
Ce qui fut fait avec plaisir
Vous trouverez donc aujourd'hui chez
Etienne, dit "Bazar 78"
une page qui ressemble à celle-ci
vous y verrez mes mots
mais surtout ses photos
Etienne, j'ai reçu ta demande comme un cadeau
Un grand Merci
Lorsque le jour s'endort
Quand vacillent les ombres
La flamme se ravive
Dans le coeur de la pierre
Se cachent des trésors
Et des cris qui résonnent
Meurtris et pétrifiés
Douloureuse sentence
J'ai eu cette vision
Que tu n'existais plus
Pourtant là, sous la pierre
C'est ton corps qui repose
Toi l'époux au coeur tendre
L'amant, le fils, le frère
La jeunesse d'un monde
Surpris dans sa folie
Combattant inconnu
Mais jamais oublié
Les pierres ne parlent pas
Elles gardent les secrets
De ceux que l'on dépose
Dans leur éternité
La flamme recèle un coeur
Qui ne sourira plus ...
17 avril 2009
Le peuple de la lande



Le peuple de la lande
N'a guère son pareil
Pour animer la grève
Les soirées de pleine lune
Il s'affaire et s'active
Car il faut que tout brille
Pour attirer les belles
Qui viendront de leurs ailes
Dans la lumière de l'astre
Danser comme il se doit
La splendeur de la mer
Lutins et korrigans
Parsèment alors de fleurs
Les sentiers de la côte
Pour y guider ainsi
Les pas gracieux des fées
Puis ils les guetteront
En toute discrétion
Car si elles s'enfuyaient
Privée de ce spectacle
La mer serait colère
Elle se ferait amère
Et malheur aux marins
Perdus dans les flots noirs
Les vagues vengeresses
Pourraient bien les garder
Au fond des lames sombres
Alors une sirène
Viendrait de son doux chant
Bercer leurs âmes en peine
Puis de ses bras bien tendres
Elle irait les border
Dans la nuit des hauts fonds
Et sur leurs fronts brisés
Elle viendrait déposer
Un tout dernier baiser
Ses larmes couleraient
Et la mer gronderait
13 avril 2009
La petite fille
Souvent la petite fille
Dans les mystères de son sommeil
Rêve de tant de merveilles
Ses songes l'emportent très loin
Dans les pays ou le divin
Mène à l'extase ses chemins
La petite fille parle aux chevaux
Leur raconte par mille mots
Tous ses hiers et ses demains
Ses grosses peines et ses chagrins
Ses grands bonheurs et ses câlins
La petit fille joue dans le sable
Plonge ses mains et ses sourires
Puis d'un grand geste de la tête
Explose ses rires en cascade
La petite fille est si heureuse
Que mon bonheur en la voyant
Est sans limite dans ce partage
La petite fille est mon voyage
La petite fille est un soleil ...
06 avril 2009
Juste le feu

Pas de fantôme en cette nuit
Juste le feu dans sa torpeur
Pas de musique pour me bercer
Juste la flamme dans sa langueur
Pas de sommeil pour oublier
Mais la lueur qui danse encore
Lumière farouche et perceptible
D'un océan fait de murmures
De chuchotis incandescents
Qui donnent à la vieille armoire
Des airs de n'avoir plus cent ans
De tendres plaintes en longs baisers
La nuit mollement s'assoupit
Dans l'onde pure d'un ciel serein
Puis les étoiles bordent la lune
Privilège des noctambules


