31 octobre 2009
A Georges ...
A Georges, pour ton dernier mail.
Toujours en pensée de toi ...
Alors que le vent fait provision de rafales puissantes et glaciales en prévision de l'hiver qui approche à grands pas, l'automne s'endort au fond de la vallée, recouvrant de quelques matinales gelées les vitres de la petite roulotte verte et rouge. La Bohémienne a quitté les falaises de sa Bretagne tant aimée.
Un matin, alors que le soleil rayonnait sa douceur, la Bohémienne a versé sur les cendres du feu de camp un peu de cet océan qu'elle aime tant. C'est ainsi qu'elle aime dire adieu à son campement, lui promettant alors des retrouvailles heureuses lorsque le printemps dans un renouveau merveilleux, reviendrait étinceler les vagues salées.
Tout au long de ce matin frais, la Bohémienne s'est affairée autour de la roulotte attristée. Il fallait bien pourtant abriter les deux vaillants chevaux, Quiéto et Pronto, qui commençaient à souffrrir des bourrasques querelleuses qui, dans leurs ébats avec la vague ardente, en oubliaient d'épargner les habitants de la côte.
La Petite Sirène quand à elle, s'était retirée dans la grotte abritée de l'anse qui jouxtait le vieux port. Bien à l'abri dans sa couverture d'écume claire, elle se blottirait alors que la tempête au dehors ferait rage, tout en chantant le bonheur de vivre ce nouveau printemps qu'elle espérait.
La Bohémienne se retrouvait bien seule dans cette lande déserte. Même le Petit Lutin bleu qui l'accompagnait à la veillée lui avait conseillé un soir, alors que crépitait la flamme chaude du feu de camp, de s'en aller s'abriter sans tarder dans les vallons environnants. Et qui mieux qu'un Petit Lutin connaît les sillons du ventre de la terre, les petits recoins de la lande et ses mystérieuses cachettes ?
C'est ainsi que par un beau matin frisquet, la Bohémienne décida de lever le camp. C'était toujours un petit serrement de coeur que de quitter sa falaise aux merveilleux couchers de soleil et les embruns si odorants offerts chaque jour en parfum.
L'hiver promettait d'être rude mais Bimbo et Rex, les deux chiens, n'avaient cure d'affronter le froid de l'hiver car bien au chaud dans la roulotte, ils pouvaient à loisirs s'étendre auprès du petit poêle tandis que la Bohémienne accompagnée de son violon magique entonnerait quelques airs fantastiques et secrets que son peuple se transmettait par delà les générations.
C'est que la Bohémienne sait faire évoluer l'archet sur les cordes merveilleuses du petit violon et les notes s'envolent parfois en un tourbillon fou ou s'égrènent avec mélancolie dans la pénombre vespérale.
Mais même quand le violon est triste, que les fées replient leurs ailes d'un brusque coup de leur baguette, que les comètes s'éloignent vers d'autres galaxies ou que l'ami que l'on voudrait tout près de soi trouve une place si particulière au fond du coeur, les trois petites roses continuent de tisser tendrement le sourire et les embruns de l'amitié.
28 octobre 2009
Le nuage me l'a dit
Si la mer garde les secrets
Les nuages au contraire
Racontent à qui mieux mieux
A qui veut bien entendre
Les rêves et les pensées
Des lutins et des fées
La mer et l'océan
Les rochers et les vagues
Ne livreront jamais
Les confidences intimes
Mais le nuage léger
Qui court à perdre haleine
Disperse en son voyage
Les émotions suaves
Et les rêves trop fous
Mille mots entendus
Et cent pensées perçues
Le nuage ne sait pas
Garder les confidences
Car il est trop volage
Et sans fidélité
Moi, j'entends le nuage
Et je sais lire en lui
C'est ainsi que je sais
Tes pensées les plus douces
Et les plus folles aussi
Le nuage me l'a dit
Je sais qu'il ne ment pas
23 octobre 2009
Doucement glisser
Pour s'offrir nos tendresses
Dispenser nos caresses
Et boire nos ivresses
Nul besoin de témoin
Pour dormir dans le foin
Je me laisse bercer
Aimer et câliner
Et je prends ton baiser
Nul besoin de compter
Les jours et les années
Pour doucement glisser
Dans ton éternité
14 octobre 2009
Bélem
Ce matin, juste avant le "p'tit dej",
dans ma boite à bonheur, un "Cadeau-clic" tout bleu.
Un lien qui n'était pas arrivé par le vent du hasard
et qui m'amenait directement au Bélem,
à mon cher Bélem.
Mais se doutait-il qu'une image du passé ressurgirait en moi
et qu'il m'inspirerait quelques mots ?

Il me reste de lui
Une brume légère
Une vision magique
Dans un matin naissant
Et cette apparition
Aussi soudaine que brève
Une image de mâts
Et de voiles gonflées
De gabiers suspendus
Dans le vent de la Loire
Un silence alentour
Ouaté d'éternité
Et lui qui s'avançait
Vagabond de la mer
Perdu dans l'embouchure
D'un fleuve reconnaissant
Naviguant doucement
Sous mes yeux ébahis
Puis il s'est dérobé
Bordé d'épais brouillard
Il filait, je l'ai vu
Il y a si longtemps
Et pourtant cette image
Jamais ne m'a quittée
Puis je l'ai retrouvé
Caressé, tutoyé
Il vient parfois s'ancrer
Dans les eaux de mon port
Et toutes voiles dehors
Il vogue dans les flots
De mon bel océan
Mon rêve reprend vie
08 octobre 2009
Cahier oublié
Un jour lorsque je serais vieille
Et que mon corps refusera
Tout espoir de se relever
C'est ma pensée qui saisira
Le relai de mes émotions
Mes yeux alors se fermeront
Sur mon vieux cahier oublié
Pour mieux dessiner ton regard
Et la douceur de tes trésors
De ma mémoire ressurgiront
Mes souvenirs à peine voilés
Pareils à de doux papillons
Incapables de se poser
Je me blottirai dans mes rêves
Dont le décor s'estompe à peine
Je naviguerai sans fardeau
Et mon bagage sera paisible
A l'ombre de mes années tendres
Dont le trait léger et discret
M'inviterait tout en douceur
A projeter mes lendemains
Sur l'horizon de mes antans
02 octobre 2009
Je veux

Je veux être le livre
Dans lequel tu me lis
Je veux être la page
Où glissent tes regards
Les lignes et les phrases
Qui construiront nos vies
Je veux de grandes marges
Et des interlignes doubles
Des chapitres inédits
Sous la lampe abaissée
Je veux écrire toujours
L'histoire de nos amours
Et je veux croire encore
Au bleu mystérieux
De tes yeux amoureux
Je veux dans notre nuit
Partager ce doux miel
Et que s'envolent loin
Les lettres minuscules
De mes hiers néfastes
Car voici qu'aujourd'hui
Mon encrier scintille
Comme une vague folle
Sur les rives paisibles
D'une plage dorée







